Recours | licenciement nul

  • Licenciement nul pour discrimination
  • Licenciement en raison d’un harcèlement moral ou sexuel
  • Atteinte à une liberté fondamentale du salarié
  • Licenciement d’un salarié protégé
  • Licenciement prononcé en violation d’une protection légale
  • Contestation de la rupture du contrat de travail
  • Demande de réintégration dans l’entreprise
  • Demande d’indemnité pour licenciement nul
  • Action devant le conseil de prud’hommes
  • Assistance d’un avocat en droit du travail

Démarrez la procédure

Un licenciement est nul lorsqu’il est prononcé en violation d’une règle de protection particulière prévue par la loi.

Contrairement au licenciement simplement dépourvu de cause réelle et sérieuse, la nullité sanctionne les atteintes les plus graves aux droits du salarié, comme une discrimination, un harcèlement moral ou sexuel, la violation d’une liberté fondamentale ou le licenciement d’un salarié bénéficiant d’une protection spécifique. Le salarié peut alors engager une action devant le conseil de prud’hommes afin d’obtenir sa réintégration dans l’entreprise ou une indemnisation adaptée à son préjudice.

Explications et questions fréquentes 

Qu’est-ce qu’un licenciement nul ?

Le licenciement est nul lorsqu’il est prononcé en violation d’une disposition protectrice prévue par la loi. Il peut notamment résulter d’une discrimination, d’un harcèlement moral ou sexuel, de l’exercice d’une liberté fondamentale (ex. droit de grève), de la violation du statut protecteur de certains salariés ou encore du non-respect de protections particulières prévues par le Code du travail.

Quand un licenciement est-il nul ?

Un licenciement est nul s’il y a violation de la loi : discrimination, harcèlement, salarié protégé ou licenciement économique sans PSE.

Un licenciement discriminatoire : âge, genre, origines, grossesse, etc.

L’article L1235-3-1 du Code du travail prévoit les cas de nullité qui présente un caractère illicite du licenciement. Comme ceux fondés sur une raison discriminatoire en application des dispositions de l'article L. 1132-1, à savoir : l’âge, le genre, les origines, la situation de famille, l’état de grossesse, les opinions politiques, son patronyme, son apparence physique…


Le salarié licencié est victime ou témoin de harcèlement moral ou sexuel au travail

Les dispositions des articles 1152-1 et suivants du Code du travail prévoient qu’aucun salarié ne doit faire l’objet de harcèlement moral au travail, ainsi que de harcèlement sexuel (confère l’article L1235-3-1). L’art. L1132-3 précise par ailleurs qu’il ne peut être licencié pour avoir témoigné conformément à de tels agissements.

Salariés protégés ou assimilés

La loi prévoit plusieurs cas de protection, entre autres les dispositions figurant aux articles L2411-1, L2412-1, L1225-35, L1225-1.

Ainsi, les salariés protégés tels :

  • Les représentants du personnel, comme les délégués syndicaux ;
  • Les représentants des salariés : ils ont pour mission de vérifier le relevé de créances nées des différents contrats de travail ;
  • Les défenseurs syndicaux : ils interviennent pour assister, représenter un salarié devant le conseil de prud’hommes en cas de contestation sur ses créances, ou au cours d’une procédure ;
  • Les femmes enceintes ;
  • Les employés malades ou accidentés, confère l’article L1132-1 c. du travail ;
  • Les collaborateurs bénéficiant du congé paternité, comme la loi le prévoit, conjoint ou concubin lié par un PACS…

💡 À NOTER : le salarié protégé qui a été licencié sans que l’inspecteur du travail ne l’ait autorisé peut se faire indemniser. Le montant de cette indemnisation spécifique est équivalent aux salaires qu’il aurait dû percevoir entre son licenciement et la date de fin de son statut protecteur (30 mois maximum).

Licenciement économique sans plan de sauvegarde de l’entreprise (PSE)

Selon les articles L1233-61 et L1233-24-1 à L1233-24-3 du Code du travail, un plan de sauvegarde de l’emploi (ou PSE) doit être établi dans les entreprises de plus de 50 employés. C’est obligatoire, lorsque ce projet de licenciement concerne a minima 10 collaborateurs sur une même période de 30 jours.

Quelles sont les conséquences de la nullité d’un licenciement ?

En cas de nullité du licenciement, le salarié peut demander sa réintégration au sein de l’entreprise (elle n’est pas automatique). Il profitera par ailleurs de rappels de salaire et d’une indemnisation.

La réintégration du salarié dans l’entreprise

La réintégration du salarié licencié intervient sous 3 conditions :

  1. En cas de licenciement nul ;
  2. Le salarié doit demander sa réintégration au sein de l’entreprise ;
  3. Il ne faut pas être en présence d’une impossibilité matérielle de réintégration (exemple : fermeture de l’établissement).

💡À noter : La Cour de cassation a précisé dans un arrêt de 2021 qu’un salarié unit par un contrat de travail à un nouvel employeur, n’est pas une raison légitime pour l’ancien employeur d’empêcher sa réintégration en présence d’un licenciement nul. L’employé est en droit malgré tout de demander sa réintégration quand bien même il travaillerait dans une autre entreprise. (Cass. soc., 10 févr. 2021, pourvoi n° 19-20397).

Sous quel délai le salarié doit-il être réintégré ?

Suivant la décision d’annulation du Juge s’agissant du licenciement, le salarié a droit d’être réintégré dans l’entreprise sous 2 mois.

Les rappels de salaire

Le salarié bénéficie des salaires dont il a été privé suivant la période entre la rupture du contrat et sa réintégration.

Les indemnités

L’employé a droit à des indemnités de congés payés et, s’il refuse sa réintégration, il touche ses indemnités de fin de contrat (indemnité légale, conventionnelle ou contractuelle de licenciement, indemnités compensatrices de préavis, indemnité compensatrice de congés payés).

De plus, l’indemnité à la charge de l’employeur n’obéit pas aux règles du barème Macron.

Il s’agit d’une exception prévue par le Code du travail. Ainsi, quels que soient son ancienneté et l’effectif de l’entreprise, le collaborateur a droit à une indemnisation réparant l’intégralité du préjudice résultant du caractère illicite du licenciement, qui doit être au moins supérieure à 6 mois de salaire.

Quelle est l’indemnité pour licenciement nul ?

Lorsque le salarié ne demande pas sa réintégration ou lorsque celle-ci est impossible, le juge lui accorde une indemnité réparant l’intégralité du préjudice subi. En application de l’article L. 1235-3-1 du Code du travail, cette indemnité ne peut être inférieure aux salaires des 6 derniers mois.

Quel est le montant des dommages et intérêts en cas de licenciement nul ?

Le montant des dommages et intérêts dépend des circonstances de l’affaire, du préjudice subi par le salarié, de son ancienneté, de son salaire brut et des conséquences de la rupture sur son emploi. Contrairement au licenciement sans cause réelle et sérieuse, cette indemnisation n’est pas soumise au barème Macron.

Consultez nos articles sur le sujet :

Quels recours en cas de procédure de licenciement nul ?

Le licenciement nul bénéficie d’un régime particulièrement protecteur en droit du travail. Contrairement au licenciement sans cause réelle et sérieuse, la nullité sanctionne une rupture du contrat de travail intervenue en violation d’une disposition d’ordre public ou d’une liberté fondamentale. Le salarié peut introduire une action en justice en saisissant le conseil de prud’hommes afin d’obtenir la nullité du licenciement, sa réintégration dans l’entreprise ou une indemnisation spécifique.

Comment engager la procédure ?

Le salarié doit saisir le conseil de prud’hommes compétent (dans le ressort dans lequel le salarié exerce).

Après la saisine du conseil de prud’hommes, l’affaire est d’abord examinée par le bureau de conciliation et d’orientation (BCO). Cette étape a pour objectif de rechercher un accord amiable entre le salarié et l’employeur.

En cas d’échec de la conciliation, le bureau oriente l’affaire vers le bureau de jugement, qui statuera sur la validité du licenciement, les demandes de réintégration et le montant des indemnités éventuellement dues.

Son action doit être accompagnée de l’ensemble des pièces utiles :

  • contrat de travail ;
  • lettre de licenciement ;
  • bulletins de salaire ;
  • convocation à l’entretien préalable ;
  • échanges avec l’employeur ;
  • certificats médicaux lorsque le litige est lié à un harcèlement ou à un accident du travail ;
  • attestations de témoins ;
  • tout document permettant de démontrer la nullité de la rupture.

Les juges vérifient notamment :

  • les motifs invoqués par l’employeur ;
  • les circonstances de la rupture ;
  • le respect de la procédure ;
  • l’existence d’une éventuelle atteinte à une liberté fondamentale ;
  • les conséquences du licenciement sur la situation du salarié.

Le jugement rendu peut ensuite, sous certaines conditions, faire l’objet d’un appel, puis éventuellement d’un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation.

La preuve de la nullité du licenciement

Le salarié doit présenter les éléments permettant d’établir l’existence de la violation invoquée.

💡 En matière de discrimination ou de harcèlement, le régime probatoire est aménagé par le Code du travail : le salarié n’a pas à démontrer de manière absolue les faits allégués, mais seulement à produire des éléments suffisamment précis pour permettre au juge de présumer leur existence.

Il appartient ensuite à l’employeur de démontrer que sa décision repose sur des motifs étrangers à toute discrimination ou à tout harcèlement.

L’assistance d’un avocat

Le salarié peut assurer lui-même sa défense devant le conseil de prud’hommes. Toutefois, l’accompagnement d’un avocat en droit du travail est souvent recommandé lorsque l’affaire présente une difficulté juridique importante, notamment en cas de harcèlement moral, de discrimination ou de licenciement prononcé en violation d’une protection légale.

L’avocat peut assister le salarié dans la constitution de son dossier, l’évaluation de son préjudice, le calcul des indemnités et la conduite de la procédure devant les juridictions prud’homales.

💡 À noter qu’en cour d’appel, l’avocat devient obligatoire.

Pourquoi agir rapidement ?

Les actions relatives à la rupture du contrat de travail sont soumises à des délais de prescription (en principe, 12 mois à compter de la notification du licenciement).

Plus le salarié agit rapidement après son licenciement, plus il est facile de conserver les preuves nécessaires et de défendre efficacement ses droits devant le conseil de prud’hommes.

À noter, en matière de discrimination ou de harcèlement, l’action en justice relève de délais spécifiques (5 ans).

Consultez nos solutions pour régler votre litige :

Procédure Amiable

Tentative de conciliation à l'amiable
avec votre adversaire
  • Mise en demeure de votre adversaire
  • Édition du dossier juridique complet
  • Envoi recommandé avec AR

PACK Procédure complète
Amiable & Judiciaire

Tentative de conciliation à l'amiable
& saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Mise en demeure de votre adversaire
  • Édition du dossier juridique complet
  • Signature électronique du dossier
  • Envoi recommandé avec AR
  • Saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Convocation devant le Conseil de Prud'hommes
  • Décision du juge

PACK Procédure complète par Avocat
spécialisé en droit du travail

Conseil, assistance et représentation
par votre Avocat en droit du travail
Logo litige dot fr cospa offer
  • Édition du dossier juridique
  • Consultation téléphonique avec un avocat
  • Négociations avec l'employeur
  • Saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Audience de conciliation : votre avocat vous représente
  • Audience devant le Juge : votre avocat vous représente
  • Vous obtenez un jugement