Recours | licenciement abusif
- Licenciement sans motif réel et sérieux
- Motif de licenciement contesté par le salarié
- Licenciement fondé sur une faute non établie
- Rupture du contrat de travail dans un contexte de harcèlement
- Licenciement discriminatoire ou portant atteinte à une liberté fondamentale
- Irrégularité de la procédure de licenciement
- Contestation du montant des indemnités versées
- Demande de réintégration dans l’entreprise
- Saisine du conseil de prud’hommes
- Demande de dommages et intérêts et d’indemnisation du préjudice subi
Démarrez la procédure
Un salarié qui estime avoir été victime d’un licenciement abusif peut contester la rupture de son contrat de travail devant le conseil de prud’hommes. Le juge vérifie alors la réalité et le sérieux du motif invoqué par l’employeur ainsi que le respect de la procédure de licenciement. Selon la situation, le salarié peut obtenir sa réintégration dans l’entreprise ou le versement d’une indemnité destinée à réparer le préjudice résultant de la perte injustifiée de son emploi.
Un licenciement ne peut être prononcé arbitrairement par l’employeur. Tout licenciement pour motif personnel ou économique doit reposer sur une cause réelle et sérieuse et respecter la procédure prévue par le Code du travail.
Le salarié convoqué à un entretien préalable doit pouvoir prendre connaissance des motifs envisagés et présenter ses observations. Après la notification du licenciement, la lettre de rupture joue un rôle essentiel, puisqu’elle détermine, sous réserve des précisions susceptibles d’être apportées dans les conditions légales, les motifs qui pourront être examinés par les juges.
L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire devant le conseil de prud’hommes. Le salarié peut toutefois solliciter les conseils d’un professionnel du droit, d’un défenseur syndical ou, selon sa situation, d’une association compétente pour l’accompagner dans ses recours en justice.
Explications et questions fréquentes
Licenciement abusif : définition
Pour être fondé, un licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. À défaut, il sera jugé abusif ou «sans cause réelle et sérieuse».
Définition de la cause réelle
Pour être réelle, une cause doit-être :
-
existante, c’est-à-dire se rapportant à des manifestations extérieures et objectives, susceptibles de vérification. Ainsi, la simple perte de confiance en un salarié ne constitue pas un motif de licenciement (Cour de cassation, chambre sociale, 29 novembre <<1990).
💡 En revanche, la mésentente du salarié avec ses collègues et supérieurs hiérarchiques, imputable à son attitude d’opposition systématique, en est un (Cour de cassation, chambre sociale, 29 mai 2001) ;
- et exacte, c’est-à-dire que les faits invoqués constituent la véritable raison du licenciement et ne servent pas à couvrir un motif moins avouable (discrimination, vie privée du salarié, etc.).
Définition de la cause sérieuse
Par sérieuse, il faut entendre « une cause revêtant une certaine gravité, qui rend impossible sans dommage pour l’entreprise la continuation du travail et qui rend nécessaire le licenciement » (Journal officiel débat parlementaire, Assemblée nationale, 30 mai 1973, p. 1699).
💡 La faute grave et la faute lourde (commise avec l’intention de nuire à l’employeur) constituent ainsi des motifs sérieux de licenciement.
L’exigence d’une cause réelle et sérieuse vaut aussi bien pour les licenciements pour motif personnel que pour les licenciements pour motif économique conformément au Code du travail.
Quelle est la différence entre un licenciement abusif et un licenciement injustifié ?
En pratique, les expressions « licenciement abusif » et « licenciement injustifié » désignent généralement un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.
💡 Le terme « abusif » peut également viser, en jurisprudence, les circonstances vexatoires ou brutales entourant la rupture — hypothèse distincte du bien-fondé du licenciement, ouvrant droit à une indemnisation propre et cumulable.
Il faut les distinguer du licenciement nul, qui sanctionne certaines violations particulièrement graves prévues par la loi et obéit à un régime d’indemnisation spécifique.
Quels sont les cas de licenciement abusif ?
Un licenciement peut être jugé abusif lorsque les motifs invoqués par l’employeur ne sont pas établis, ne sont pas suffisamment sérieux ou ne justifient pas la rupture du contrat de travail.
Il peut s’agir, par exemple, d’une faute non prouvée, de faits insuffisamment graves ou d’un motif économique ne répondant pas aux conditions prévues par le Code du travail.
Comment prouver que le licenciement est abusif ?
Le salarié doit produire les éléments permettant de contester les motifs invoqués dans la lettre de licenciement : courriels, témoignages, évaluations professionnelles, documents internes ou autres preuves utiles.
Le juge forme sa conviction au regard des éléments fournis par les parties et, si un doute subsiste, celui-ci profite au salarié.
Quelles sont les indemnités pour un licenciement abusif ?
Lorsque le licenciement est sans cause réelle et sérieuse et que le salarié n’est pas réintégré, le juge accorde une indemnité fixée selon le barème Macron.
Son montant dépend principalement de l’ancienneté du salarié, du salaire brut et, pour certains minima, de l’effectif de l’entreprise.
Comment attaquer son employeur pour licenciement abusif ?
Le salarié doit saisir le conseil de prud’hommes compétent et présenter les motifs de sa contestation ainsi que ses demandes d’indemnisation.
Il est recommandé de réunir l’ensemble des documents relatifs au contrat, à l’entretien préalable, à la lettre de licenciement et au préjudice subi.
Quelles sont les sanctions en cas de licenciement abusif ?
L’employeur peut être condamné à verser au salarié une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Le juge peut également proposer la réintégration et, dans les cas prévus par le Code du travail, ordonner le remboursement aux organismes concernés de tout ou partie des indemnités de chômage versées au salarié, dans la limite légale.
Puis-je invoquer un licenciement abusif après moins de 2 ans d’ancienneté ?
Tout salarié peut contester un licenciement qu’il estime dépourvu de cause réelle et sérieuse, quelle que soit son ancienneté dans l’entreprise.
Le montant de l’indemnité susceptible d’être accordée dépend toutefois du barème applicable et notamment de l’ancienneté du salarié.
Quels sont les droits du salarié en cas de licenciement abusif ?
Lorsqu’il est jugé abusif par le Conseil de prud’hommes, le licenciement ouvre droit à réparation pour le salarié. La nature et le montant de cette réparation varient selon l’ancienneté du salarié et l’effectif de l’entreprise.
Les indemnités pour licenciement abusif
Le salarié a au moins 2 ans d’ancienneté et l’entreprise compte au moins 11 salariés
Le Juge peut proposer la réintégration du salarié dans l’entreprise, avec le maintien de tous ses avantages acquis conformément au Code du travail.
Si l’une ou l’autre des parties refuse, le Juge octroie alors une indemnité au salarié. Le montant de cette indemnité fixé par le Barème Macron, à la charge de l’employeur, sera évalué au regard du préjudice subi par le salarié : difficultés à retrouver un emploi en raison de l’âge ou du contexte économique, etc. En tout état de cause, cette indemnité ne peut être inférieure aux 6 derniers mois de salaire (rémunération brute + primes et avantages en nature). Elle s’ajoute à l’indemnité de licenciement, à l’indemnité de préavis et à l’indemnité de congés payés.
Le salarié peut en outre prétendre à des dommages et intérêts supplémentaires s’il justifie d’un préjudice distinct de celui résultant du licenciement (article 1240 du Code civil). Le préjudice le plus fréquent est le préjudice moral causé par une rupture intervenue dans des circonstances vexatoires (Cour de cassation, chambre sociale, 19 juillet 2000).
Par ailleurs, le Conseil de prud’hommes peut condamner l’employeur à rembourser aux organismes concernés tout ou partie des indemnités de chômage versées au salarié, du jour de son licenciement au jour du jugement, dans la limite de 6 mois d’indemnités, selon le Code du travail.
Le salarié a moins de 2 ans d’ancienneté et/ou l’entreprise compte moins de 11 salariés
Le Juge ne peut pas proposer la réintégration du salarié. En revanche, il peut octroyer une indemnité au salarié, à la charge de l’employeur selon le Code du travail. Le montant de cette indemnité ne connaît ni minimum ni maximum. Il est évalué en fonction du préjudice subi par le salarié en raison du licenciement (difficulté à trouver un nouvel emploi, différentiel de rémunération entre le salaire antérieur et les indemnités de chômage, etc.).
Le salarié peut en outre prétendre à des dommages et intérêts supplémentaires s’il justifie d’un préjudice distinct de celui résultant du licenciement (article 1240 du Code civil). Le préjudice le plus fréquent est le préjudice moral causé par une rupture intervenue dans des circonstances vexatoires (Cour de cassation, chambre sociale, 19 juillet 2000).
Quels recours contre un licenciement abusif ?
Le salarié qui estime avoir été victime d’un licenciement abusif peut engager une action devant le conseil de prud’hommes afin de contester les motifs de la rupture de son contrat de travail.
La contestation doit être engagée dans le délai prévu par le Code du travail. En principe, toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit dans un délai de 12 mois à compter de la notification de la rupture.
Avant d’engager la procédure, le salarié doit constituer un dossier contenant l’ensemble des éléments utiles à son affaire : contrat de travail, lettre de licenciement, bulletins de salaire, convocation à l’entretien préalable, échanges avec l’employeur, attestations et documents permettant d’établir le préjudice subi.
Contester les motifs du licenciement
La lettre de licenciement, éventuellement précisée par l’employeur dans les conditions prévues par le Code du travail, fixe les limites du litige concernant les motifs de la rupture.
Le salarié peut contester la réalité des faits invoqués, leur gravité ou leur caractère suffisamment sérieux pour justifier son licenciement.
Saisir le conseil de prud’hommes
Le salarié peut engager une procédure devant le conseil de prud’hommes afin de faire reconnaître l’absence de cause réelle et sérieuse du licenciement.
Après la saisine du conseil de prud’hommes, l’affaire est en principe examinée par le bureau de conciliation et d’orientation. À défaut d’accord entre le salarié et l’employeur, le litige est examiné par le bureau de jugement.
Lorsqu’il conteste la rupture de son contrat, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Il doit réunir les documents et éléments permettant de remettre en cause les motifs invoqués par l’employeur : contrat de travail, lettre de licenciement, bulletins de salaire, échanges professionnels, attestations, évaluations, avertissements, documents relatifs à l’entretien préalable ou encore éléments laissant supposer l’existence d’un harcèlement ou d’une discrimination.
Les juges apprécient la réalité et le sérieux des motifs invoqués par l’employeur. Lorsque le licenciement est reconnu sans cause réelle et sérieuse, le salarié peut obtenir une indemnité calculée conformément au barème Macron. Le montant accordé dépend notamment de son ancienneté, de son salaire brut et des limites minimales et maximales prévues par la loi.
L’issue de la procédure dépend des circonstances propres à chaque affaire, des motifs mentionnés dans la lettre de licenciement et des preuves produites devant le conseil de prud’hommes. L’accompagnement par un avocat, un défenseur syndical ou un professionnel du droit peut permettre au salarié de mieux identifier ses droits, d’évaluer le montant de ses demandes et de préparer son recours en justice.
Le juge examine les éléments produits par le salarié et l’employeur. Il peut ordonner les mesures d’instruction nécessaires pour trancher l’affaire.
Demander une indemnisation
Lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse et que la réintégration n’a pas lieu, le salarié peut obtenir une indemnité dont le montant est fixé conformément au barème prévu par le Code du travail.
Ce barème, couramment appelé « barème Macron », fixe des montants minimaux et maximaux exprimés en mois de salaire brut. L’indemnisation dépend notamment de l’ancienneté du salarié et, pour certains minima, de l’effectif de l’entreprise.
Demander la réintégration dans l’entreprise
Lorsque le licenciement est sans cause réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l’entreprise avec maintien de ses avantages acquis.
La réintégration suppose toutefois l’accord du salarié et de l’employeur. Si l’une des parties la refuse, le juge accorde une indemnité au salarié.
Faire reconnaître la nullité du licenciement
Certains licenciements sont soumis à un régime plus protecteur. C’est notamment le cas lorsque la rupture est liée à une discrimination, à des faits de harcèlement moral ou sexuel, à l’exercice d’une liberté fondamentale ou à certaines protections prévues par le Code du travail.
Lorsque le licenciement est nul, le barème Macron n’est pas applicable. Si le salarié ne demande pas sa réintégration ou si celle-ci est impossible, il bénéficie, dans les conditions prévues par la loi, d’une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois.
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